29 octobre 2009
Célébration
Bientôt, le jour des morts. Je n'ai pas de tombe à entretenir, à fleurir…
Hier,
je suis allée au cimetière, tout près de chez moi, et je vous ai
choisi.
Sur la pierre usée, votre nom et vos dates sont effacés.
Bientôt, votre visage aussi disparaîtra dans la grisaille de l’oubli.
C’est mieux ainsi : je préfère ne pas savoir qui vous avez été.
Il me
semble que cela donne à ma pensée davantage d'intensité.
Comme si je
plissais les paupières pour mieux vous voir...
10 octobre 2009
La voix
Le concert s’achève. Le public applaudit longuement. Les choeur se défait : certains chanteurs se dirigent vers les coulisses ; d’autres vont saluer quelqu’un dans la salle. Un inconnu s’approche : « vous avez une très belle voix, me déclare-t-il et, à ce titre, puis-je vous embrasser ? ».
La semaine précédente, après le même programme, dans une salle différente, c’est une dame qui est venue vers moi et m’a tenu les mêmes propos…
Pourtant, il est évident que j’ai encore beaucoup à apprendre pour chanter vraiment bien - si toutefois j’y parviens un jour...
Je pense que l’émotion suscitée par une voix chantée ne tient pas à une technique irréprochable, mais plutôt à ce qu’elle éveille chez l’auditeur. Et je suis reconnaissante à Haendel, Fauré, Calmel et Poulenc, de m’avoir permis de toucher assez profondément ces deux personnes pour qu’elles éprouvent le besoin de m'en remercier…
01 octobre 2009
Une mère
Elle te demande : « sais-tu ce que mes enfants me reprochent ? » Bien sûr que tu le sais ; pourtant, ce n’est pas à toi de le lui dire : tu n’es pas sa fille, seulement la femme de son fils…
Mais pourquoi ne pose-t-elle pas la question à ceux dont elle n’a pas su accompagner la jeunesse ? Peut-être parce qu’elle connaît la réponse et qu’elle n’a pas envie de l’entendre. Pas envie non plus de relire sa vie à la lumière de ses insuffisances…
16 septembre 2009
A l'hôpital
D'abord, tu as pleuré abondamment. Et puis, tu commences à t'habituer, déjà...
Quand tu arrives dans la chambre, il semble te reconnaître. Peut-être même t'attend-il ?
Il est installé dans un fauteuil. Tu t'assieds en face de lui et tu parles. Tu lui racontes tes journées. Il t'écoute avec une attention passionnée, comme si tu disais des choses très compliquées. Dans son visage figé, son regard seul a conservé un soupçon d'expressivité. Tu le questionnes et il remue légèrement la tête pour répondre oui ou non...
Mais tu n'oses pas lui demander s'il souffre... Tu te sens tellement coupable de ne pas faire davantage pour lui ; tu te sens tellement impuissante...
Lorsque tu en as la force, tu lui souris et tu lui promets des lendemains meilleurs ; mais tu sais bien que tu lui mens : jamais il ne retrouvera la parole ; jamais il ne retrouvera le libre usage de ses bras et de ses jambes…
13 septembre 2009
Exigence
Il avait expressément demandé à être inhumé avec ses lunettes. Car, précisa-t-il, « je ne vois rien dans l’obscurité ». Et il ajouta : « je ne tiens pas à passer l’éternité à me morfondre »…
03 septembre 2009
Rendez-vous
Nous ne nous sommes pas vus depuis longtemps. Je suis un peu émue de le rencontrer. Il me salue de loin. J’essaie de dissimuler mon trouble. Nos mains vont-elles s’étreindre ? Non... Nous parlons, échangeons des nouvelles, rions fort – un peu trop fort peut-être. Nous sommes assis face-à-face mais, comme il tourne le dos à la fenêtre, je distingue assez peu son visage. Soudain, il arrête de parler et me regarde fixement. Va-t-il évoquer notre passé, me dire qu’il n’oublie pas ? Non...
Puis vient l’heure de nous quitter. La secrétaire m’indique le montant de la consultation ; quant à lui, il se dirige vers la salle d’attente pour appeler le patient suivant ; de loin, il m’adresse un « salut ! » aussi surprenant que joyeux. Un peu trop joyeux, peut-être…
01 septembre 2009
Rentrée
Quatorze heures trente, dans un bus bondé. Une jeune femme à l’œil agressif me dévisage avec insistance ; une autre, voilée et bizarrement chaussée de tennis, fait rouler sur mon pied la poussette où braille son bambin. Je me faufile et réussis à m’asseoir. En face de moi, un homme à la mine grise et défaite, au veston fripé ; il dégage une odeur de cigarette vraiment désagréable. Debout dans l’allée, à côté de moi, deux adolescentes gloussent ; l’une d’elles s’appuie de tout son poids contre mon épaule. Je la pousse avec une certaine brusquerie et elle semble enfin s’apercevoir de ma présence.
Pourquoi tous ces gens me paraissent-ils aujourd’hui si laids, si malpolis et dérangeants ? Je me rends à l’association d’écoute où je suis bénévole et je m’inquiète : quelques semaines de vacances ont-elle suffi à effacer en moi toute bienveillance ? Suis-je encore capable d’entendre avec empathie des récits de gens en difficulté ? Je l’espère…
28 août 2009
Retour
Et voilà, les vacances sont terminées !
J'ai vu beaucoup de cathédrales, de villes, des musées, des paysages.
Et j'ai fait de belles rencontres !
07 août 2009
Vacances
Je pars en voyage jusqu'à la fin du mois. Peut-être de temps en temps écrirai-je quelques lignes ici, mais je n'en suis pas sûre.
Je n'aime pas partir, chaque fois je dois me forcer à quitter ma maison, mes livres, mon chat, mes habitudes et mon lit douillet... Aussi, quand je rentre, c'est une grande joie de retrouver tout cela !
J'emporte mon beau stylo Sheaffer et un carnet tout neuf ; j'y noterai au jour-le-jour mes impressions, mes découvertes, des noms de
villes et aussi de drôles de rêves (car je me souviens beaucoup de mes rêves, en
vacances)...
J'espère engranger suffisamment d'images et de sensations pour, à mon retour, vous proposer de nouvelles histoires.
A bientôt, chers lecteurs fidèles et vous aussi, qui ne faites que passer !
07 juin 2009
Maman
Au clair de ma mère
l'invisible chemin
de la source d'amour...

