Phrasibuleuse

Textes littéraires et autobiographiques, collages d'images et de mots, photographies...

31 octobre 2009

Octobre

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29/10/09

Posté par Danalyia à 21:01 - Photographies - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 octobre 2009

Un couple

Chaque matin, c’étaient les même gestes, les mêmes bruits, dans le même ordre. Il se levait brusquement, passait à la salle de bains. Le rasoir électrique bourdonnait pendant quelques minutes. Le jet puissant de la douche faisait résonner l’émail de la baignoire. Le poste de radio diffusait trop fort les nouvelles du jour. De l’autre côté de la cloison, Françoise se retournait dans le lit. Elle guettait les bruits de la rue, comme autant de petits signes rassurants : à huit heures moins cinq, le ronronnement poussif d’un véhicule qui montait la rue des peupliers ; un peu après huit heures, les cloches de Sainte Marie sonnaient ; la voisine institutrice traversait alors la rue, faisait coulisser la porte de son garage. Bientôt, on entendait le cliquetis régulier d’un moteur diesel. Dans la salle de bains, les ablutions avaient cessé et la radio se taisait.
Gérard descendait, faisait craquer le vieil escalier. Il allait prendre son petit-déjeuner puis partir. Dans quelques minutes, Françoise pourrait se lever. Une lumière blafarde traversait les persiennes. Quelques effluves de café se mêlaient à l’haleine lourde et chaude de la nuit, qui emplissait la chambre. En bas, la porte claquait, la clé jouait dans la serrure, puis le pas de Gérard résonnait sur le trottoir, s’éloignait, se taisait...


Françoise s’étirait dans le lit, soupirait d’aise : la maison lui appartenait jusqu’au soir ! Elle se levait, tirait les rideaux, faisait tourner l’espagnolette et ouvrait en grand les volets. La rumeur de la ville montait alors jusqu’à elle. On la percevait plus ou moins selon le temps. Françoise l’aimait. C’était comme une respiration douce, familière. Sauf le dimanche, un jour triste, où tout était différent...

Sur les carreaux de la salle de bains, un voile de buée persistait encore. Des gouttes de dentifrice blanc maculaient le lavabo rose. La serviette éponge mouillée gisait en tas sur le bord de la baignoire. Un coton-tige traînait sur la tablette de verre. Françoise avait fini par s’habituer au désordre de son mari. Chaque jour, elle rangeait, nettoyait patiemment derrière lui. De toute façon, il n’y avait rien à faire. Elle avait tout essayé, les cris, les menaces et même la douceur, au début. À son âge, il ne changerait plus. Sa mère l’avait mal élevé. Elle ne lui avait pas inculqué le respect de l’autre. Elle ne lui avait rien appris, d’ailleurs…
Françoise faisait une toilette de chat, se coiffait, enfilait ses vêtements d’intérieur. À la cuisine, elle essuyait les ronds de café, ramassait les miettes, rinçait la tasse de Gérard. Elle n’aurait pas pu déjeuner sur une table sale. De plus, l’odeur du café froid l’écœurait, surtout le matin. Il le savait, mais n’en tenait pas compte. Ce n’était pas grand-chose, pourtant. Mais peut-être le faisait-il exprès ? Il était capable de petites mesquineries, parfois ; et il boudait encore comme un gamin, à quarante-cinq ans ! Il prenait alors ce petit air buté, avec les lèvres pincées et le regard baissé. Françoise faisait semblant de ne rien voir et il en était pour ses frais. Elle lui parlait gentiment, comme si de rien n’était, faisait les questions et les réponses. Et il finissait par s’en aller, avec le sentiment douloureux d’être incompris…


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29 octobre 2009

Célébration

Bientôt, le jour des morts. Je n'ai pas de tombe à entretenir, à fleurir…
Hier, je suis allée au cimetière, tout près de chez moi, et je vous ai choisi.
Sur la pierre usée, votre nom et vos dates sont effacés.
Bientôt, votre visage aussi disparaîtra dans la grisaille de l’oubli.
C’est mieux ainsi : je préfère ne pas savoir qui vous avez été.
Il me semble que cela donne à ma pensée davantage d'intensité.
Comme si je plissais les paupières pour mieux vous voir...

tombe

Posté par Danalyia à 18:49 - Notules - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 octobre 2009

Automne

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27/10/09

Posté par Danalyia à 11:25 - Photographies - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 octobre 2009

Antoine / suite et fin


La fin des aventures sentimentales d'Antoine
est dans "le Scriptorium" :


http://inthescriptorium.blogspot.com/


Posté par Danalyia à 11:28 - A suivre... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 octobre 2009

Un couple

Depuis combien de temps n’avaient-ils pas ri ensemble ? Elle avait beau chercher, Françoise n’arrivait pas à se souvenir. La nostalgie la submergeait de plus en plus souvent. Parfois, elle pensait qu’il n’était peut-être pas trop tard pour rétablir le contact. Mais aussitôt, elle éprouvait le sentiment d’une impossible réparation : trop de silences la séparaient de Gérard et trop de méchancetés aussi, toutes ces petites phrases qui laissent des cicatrices indélébiles… Mais comment en étaient-ils arrivés jusque là, eux qui s’aimaient si fort ? Cela ne s’était pas produit en un jour, évidemment ; il avait fallu accumuler beaucoup de rancune, d’amertume et de frustrations. Et surtout, s’éloigner lentement l’un de l’autre, jusqu’à redevenir deux étrangers. Et tout cela en vivant une existence douillette, confortable, sans le moindre accroc apparent ; une existence que chacun leur enviait… Bien sûr, elle avait sa part dans ce désastre, elle le savait bien. Gérard n’était pas si mauvais, au fond, il avait même des qualités. Il faisait beaucoup de choses, à la maison, prenait en charge la plupart des tâches matérielles. Mais pourquoi le trouvait-elle tellement lourd et maladroit, d’une lenteur exaspérante ?
- Tu n’as qu’à le faire toi-même, répondait-il, lorsqu’elle le critiquait. Et il avait bien raison ; mais il n’abandonnait pas son travail pour autant. Elle, à sa place, aurait lâché l’aspirateur ou l’épluche-légumes, et serait sortie en claquant la porte. Mais lui restait patient, même s’il protestait, pour la forme. Oui, c’était cela, il était trop patient ! Il se laissait dire des choses qu’il n’aurait jamais dû tolérer. Il était faible, voilà pourquoi elle le méprisait. Jamais il n’avait fait preuve d’autorité, vis-à-vis d’elle, par respect, sans doute ; en quoi il s’était complètement fourvoyé : ce qu’elle attendait depuis toujours, c’était un homme fort, sur qui elle aurait pu se reposer, avec qui elle se serait sentie en sécurité. Mais au lieu de cela, elle avait eu en face d’elle un Gérard mou et complaisant, qui se contentait de si peu pour être heureux. Car il avait été heureux, beaucoup plus longtemps qu’elle ! Elle le comprenait enfin : c’était là le point de départ de leur éloignement !…


Posté par Danalyia à 19:35 - Personnages - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 octobre 2009

Pensée

C’est la saison où tout tombe
Aux coups redoublés des vents ;
Un vent qui vient de la tombe
Moissonne aussi les vivants...


pens_e
(A. de Lamartine, Pensée des morts)

Posté par Danalyia à 22:43 - Citations - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 octobre 2009

Avec le temps...

Je me souviens que je lui disais : "tu m’étonneras toujours".
Trente-sept ans après nos débuts, pourrais-je encore le lui dire ?
Peut-être, de temps à autre. Mais je n’aurais plus dans la voix cette petite pointe d’émerveillement qui le rendait si fier…
Ce n’est certes pas sa faute, mais celle de l’habitude. Et j’éprouve le sentiment troublant d’avoir trahi une promesse ; même si elle était probablement impossible à tenir…

Posté par Danalyia à 19:52 - Je me souviens - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 octobre 2009

Une vie

Son époux avait vingt-cinq ans de plus qu’elle. Lorsqu’ils s’étaient rencontrés, elle terminait ses études d’infirmière. Elle fut aussitôt séduite par ce tout juste quinquagénaire à la silhouette svelte, au teint hâlé, qui lui parlait musique et philosophie. Elle était dans la fleur de sa jeunesse : teint frais, mollet galbé, cœur encore plein de rêves…
Et puis le temps fila, elle devint une femme mûre et lui un vieillard. La tendresse remplaça les ardentes effusions. La belle infirmière ne vola plus d’un patient à l’autre : elle resta auprès de son mari souffrant, déclinant, mourant…
Elle vient de prendre sa retraite, mais n’en profitera pas longtemps : une grave maladie la ronge inexorablement et personne n’est là pour lui tenir la main…

Posté par Danalyia à 21:54 - Personnages - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 octobre 2009

Dimanche

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(Veules-les Roses, 18/10/09)

Posté par Danalyia à 17:34 - Photographies - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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