29 septembre 2009
Rouen
28 septembre 2009
Un rêve
Des enfants
sortent en riant d’une maison. C’est la nuit. Une petite fille court
après eux, mais elle ne peut pas les rattraper. Essoufflée, désemparée,
elle s’arrête et les regarde de loin ; une voix lui dit clairement,
comme pour donner un titre à cette scène : « petite fille seule dans la
nuit ».
Ce sentiment, si longtemps, qu’il y avait une vitre entre toi et les
autres ; quelque chose de transparent que toi seule voyais, contre quoi
tu te heurtais, qui te séparait sans retour des « autres ». Et
peut-être aussi d’une part de toi-même, que tu mis des années à
identifier, à nommer…
(Entre deux mères)
26 septembre 2009
Papillon
Hier, dans mon jardin, ce paon-du-jour.
25 septembre 2009
Aline / 3
Encore un rêve épouvantable ; je croyais pourtant que le médicament me protégeait de ces visions obsédantes, il faudra le dire au docteur…
Je me promène au bord d’un lac très bleu très calme, c’est pendant les vacances d’été, il fait beau, un peu chaud mais pas trop ; un cygne blanc glisse sur l’eau transparente et je le suis du regard. Il semble vouloir me montrer quelque chose, car il tourne et retourne devant moi, faisant des ronds de plus en plus petits ; je me penche pour voir le fond du lac et j’aperçois comme un grand corps couché sur la vase. Le cygne s’envole tandis que j’appelle au secours ; des hommes arrivent en tenue de plongée, s’immergent un instant et reparaissent en tenant une statue de femme, qu’ils posent à mes pieds. Elle est nue et recouverte en plusieurs endroits d’une mousse verte. Je m’agenouille pour mieux l’admirer, car elle est belle et superbement proportionnée. Son visage me trouble, car il me semble familier, mais je ne peux dire qui il me rappelle. Plus je le regarde et plus je tremble, sans comprendre pourquoi. Soudain, la statue s’anime et devient Maman ; sur son visage défait, des larmes ruissellent, et son regard est noyé de chagrin. « Viens avec moi », dit-elle d’une voix suppliante. Sa main de pierre glacée saisit ma main et je me sens entraînée vers le lac. Je pousse un long cri très aigu, qui me réveille…
24 septembre 2009
Patrimoine
J'aime ce mur, devant lequel je passe souvent...
(Rouen, 19 sept. 09)
23 septembre 2009
Aline / 2
Comment dormir avec la peur d’un homme qui rentre au milieu de la nuit et vient se coucher près de moi ? L’escalier craque sous son pas lourd, il monte lentement se rapproche, il fait noir, je me sens toute petite comme autrefois et je tremble, je prends ma tête dans mes mains j’entends mon sang qui bat très fort je voudrais crier mais ma voix ne sort pas de ma gorge, je me lève j’ouvre les rideaux bleus et la fenêtre, j’ai envie de sauter mais ce n’est pas assez haut, je me penche la lumière s’allume et il arrive en courant derrière moi m’attrape dans ses bras « Mais qu’est-ce que tu fais ? tu as encore oublié ton médicament, tu sais bien qu’il ne faut pas arrêter de le prendre, tu devrais dormir à cette heure ».
Il me porte jusqu’au lit, me parle doucement : « Tout va bien, ne t’inquiète pas, je suis là »... Sa voix de velours me calme et sa chaleur aussi contre mon corps, je sens sur lui un parfum familier apaisant, c'est Shalimar... Autrefois il m’en offrait mais maintenant c’est pour l’autre ; elle est blonde, pourtant, et c’est un parfum de brune, vanillé capiteux oriental ; il disait « Tu es ma princesse des Mille et Une Nuits » et maintenant c’est elle…
Mais ça m’est bien égal. Au début j’ai souffert, j’avais peur qu’il me quitte et puis plus rien, plus de larmes, plus de cauchemars, il rentre et me prend dans ses bras, ça me suffit... Plus obligée de supporter ses caresses et son souffle qui s’accélère, beaucoup d’agitation pour pas grand-chose, et puis il pousse un cri terrible et s’endort juste après... Tout ça pour l’autre maintenant…
Il se glisse près de moi entre les draps, éteint la lumière et me berce tendrement, m’appelle « sa douce, son bébé » le sommeil vient me prendre, je vais dormir profondément, sans angoisse ni rêves…
22 septembre 2009
La rêveuse

C'est vrai qu'elle est somptueuse, cette cathédrale !
21 septembre 2009
Aline
J’ai peur la nuit, le moindre bruit me fait sursauter m’angoisse jusqu’à la panique et je me souviens d’une chambre baignée de pénombre bleue. Je dors paisiblement et soudain le fracas de la porte qui s’ouvre, mon cœur bat très fort, une dispute violente me réveille tout à fait, me sort brutalement de mes rêves, il est rentré veut se coucher près de maman mais elle refuse : « tu as encore bu et joué tout notre argent, on n’a plus rien à manger, je te hais je voudrais que tu disparaisses, va t’en je ne veux pas d’un mari comme toi » alors il frappe jusqu’à ce qu’elle se taise ; maman crie, bruits de pas précipités, gifles et choc mat sur le carrelage et puis plus rien, le silence encore plus effrayant, maman est peut-être morte et papa s’installe dans le lit, elle ne bouge plus, ne dit plus rien et lui s’endort calmement…
J’ai une seule photo avec lui : six mois, des jambes toutes fines et des chaussons tricotés, je ressemble à un garçon, maman a enroulé mes cheveux au sommet de mon crâne, ça fait une mignonne petite coque, lui me tient entre ses mains me soulève à hauteur de son visage et me sourit, on dirait qu’il est fier de moi, un papa tendre attentionné avec une belle voix grave qui murmure à mon oreille, je ne l’ai pas entendue beaucoup mais je sais que c’est la sienne, la plus belle voix que j’aie connue, celle que je suivrais jusqu’au bout du monde…
20 septembre 2009
Drapés
18 septembre 2009
Paul Eluard
Bonne journée
j'ai revu qui je n'oublie pas
qui je n'oublierai jamais
et des femmes fugaces
dont les yeux me faisaient une haie d'honneur
elles s'enveloppèrent dans leurs sourires.
Bonne journée,
j'ai vu mes amis sans souci
les hommes ne pesaient pas lourd
un qui passait
son ombre changée en souris fuyait dans le ruisseau
j'ai vu le ciel très grand
le beau regard des gens privés de tout
plage distante où personne n'aborde.
Bonne journée
journée qui commença mélancolique
noire sous les arbres verts
et qui soudain trempée d'aurore
m'entra dans le coeur par surprise...
(Tel jour, telle nuit)




