Phrasibuleuse

Textes littéraires et autobiographiques, collages d'images et de mots, photographies...

27 février 2009

Jeune fille

Photosanc

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25 février 2009

Opéra

Je me souviens d'une représentation de "La Tosca", dans le théâtre gréco-romain de Taormine, en Juillet 1989.
L'endroit est admirable. Du haut des gradins, on découvre une vue extraordinaire, sur la mer, la côte et l'Etna. Dans la nuit, on voit scintiller sur l'eau, derrière la scène, les lumières de Giardini-Naxos, la ville voisine. Comme le mur de fond du théâtre est écroulé en son milieu, ce paysage grandiose fait partie du spectacle et s'y mêle à chaque instant. Et le public italien est tellement amateur d'opéra qu'il fredonne les airs célèbres en même temps que les chanteurs...
La prestation des musiciens n'était pas extraordinaire, mais je n'oublierai jamais ces moments féeriques. J'étais seule et, pendant l'entracte, j'échangeai quelques commentaires avec mon voisin, un vieux monsieur très distingué. Comme je lui demandais ce qu'il pensait des chanteurs, il me répondit d'une voix douce, avec un petit sourire : "cosi cosi"...


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24 février 2009

Nadia

Le miroir de la salle de bain est alternativement ton meilleur ami et ton ennemi le plus redoutable, cela dépend des jours et de ton humeur.
Ce matin, il te dit que tu n’es pas si abîmée par la solitude et que tu ressembles de plus en plus à ta mère ; avec une différence cependant : son visage était parfaitement lisse, on n’y pouvait pas déchiffrer ce qui se passait en elle. Un masque impassible et froid, sous la beauté des traits. Car elle était belle, oui, mais d’une beauté trop lisse, impénétrable… Pendant des années, tu as redouté cette ressemblance, tu l’as niée, tu rêvais de l’effacer, et voilà qu’avec le temps elle te rattrape… Enfin, juste un peu : si tes traits rappellent les siens, il te manque ce quelque chose qui faisait qu’on la regardait, elle, et qu’on avait envie de la connaître. Tu n’en es pas là et ne le regrettes pas vraiment.
Tout de même, l’autre jour, tu étais flattée qu’un homme désire te rencontrer au point de te suivre jusque chez toi... Son prénom résonne en toi désormais comme une formule magique, pleine de promesses...


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23 février 2009

...

Je me souviens de ce pull vert, de la barrette qui retenait mes cheveux ;
je me souviens du médaillon en argent (mais je ne sais plus d'où il me venait) ;

photo005

Je me souviens que j'avais quinze ans...

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22 février 2009

Impromptu


Fais-moi la courte-échelle,
Jusqu’au septième ciel !
Profitons de ces heures
où s’enlacent les cœurs
et s’emboîtent les corps.

Oh, ma petite mort,
mon merveilleux frisson,
redis-moi la chanson
de cette âme esseulée
que tu as habillée
de rêves de velours,
de broderies d’amour !... 

texte écrit pour "les impromptus littéraires"
http://www.impromptuslitteraires.fr/


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20 février 2009

Pensée du soir

Je me souviens, vous aviez encore beaucoup de cheveux, quand je vous ai rencontré. Ils étaient bruns et couvraient une partie de votre front. Puis les années ont passé. Tel un parfum trop capiteux, notre amour s’est éventé. On le reconnaissait encore, mais il avait perdu sa force et sa singularité. Votre crâne s’est dégarni, votre chevelure a blanchi. Nous nous sommes éloignés peu à peu l’un de l’autre. La saveur de notre amour s’est teintée d’amertume et je me suis entourée de rondeurs. Nous avons cessé de nous voir et, maintenant, c’est moi qui grisonne en songeant à vous…

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18 février 2009

Notice...

Il se prénomme Gilbert. On pourrait dire aussi : c’est un gilbert, nom qui qualifierait bien son état de douce et perpétuelle neutralité…
Le gilbert est un être pacifique, blond et moustachu mais sans excès, dont la principale occupation consiste à vivre en paix ; il dit rarement non, s’enthousiasme assez peu, trouve son bonheur avant tout dans la possession d’objets matériels de prix – par exemple une voiture, ou une maison - pour l’acquisition desquels il travaille assidûment.
S’il n’est ni très vif ni très optimiste, il sait parfois se montrer drôle, surtout dans son jeune âge. Il apprécie les nourritures plutôt riches et consomme certaines boissons fortement alcoolisées, chaque soir avant le dîner.
Généralement, son poil blanchit vers la cinquantaine ; il commence alors à s’arrondir et montre une certaine tendance à bougonner. Mais dans l’ensemble, c’est un compagnon docile et discret, qui convient particulièrement aux femmes autoritaires et maternelles.
Un inconvénient, cependant : le gilbert n’effectuant aucune des tâches domestiques, il vous faudra les assumer toutes, sans espoir d’en être jamais soulagée… Notez bien que ce défaut est assez fréquent, au sein de la gent masculine et fiez-vous donc plutôt, pour arrêter votre choix, aux qualités particulières de l’espèce qui vous attire…

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15 février 2009

La tache

  Elle est arrivée la première, s’est assise à la terrasse de ce café ; leur café, autrefois… Ils ne se sont pas vus depuis longtemps. Combien de temps, déjà ? Elle ne le sait même plus. La dernière fois, il faisait chaud et, sur sa robe, elle se souvient, cette petite tache. Elle avait peur qu’il la remarque, mais non, il ne regardait qu’elle… Dans sa voix, hier au téléphone, quelque chose de nouveau, une intonation qu’elle ne connaissait pas. Ou bien l’avait-elle oubliée en quelques mois ?...
Avec la petite cuillère, elle écrase la rondelle de citron, au fond de la tasse de thé. Cinq heures moins vingt et il n’est pas là. Il était si ponctuel autrefois !...
  Elle essaie de se rappeler leur dernier rendez-vous, mais une seule image lui revient, celle de cette tache sur sa robe blanche. Elle allait être en retard. Il lui avait fallu recoudre un bouton en toute hâte. Geste maladroit, piqûre au bout du doigt, puis ce goût fade et métallique sur sa langue. Dehors seulement, elle avait vu le petit point rouge, près du bouton recousu : une goutte de son sang. Et c’est cet unique détail qui lui reste aujourd’hui…

  Il est assis maintenant en face d’elle, lui prend une main entre les siennes, scrute son regard avec une sorte de violence.
- Ça fait si longtemps, murmure-t-il, comment avons-nous pu…Tu m’as beaucoup manqué, tu sais.
- Toi aussi, tu m’as manqué, s’entend-elle répondre. Mais elle n’en est pas si sure, à présent… J’essayais, ajoute-t-elle, de me rappeler notre dernière rencontre et je n’y arrivais pas.
Les mains qui étreignaient la sienne se desserrent. Le buste qui se penchait vers elle se redresse et s’adosse à la chaise. Il sourit, l’air satisfait de lui-même.
- Notre dernière rencontre ? C’est facile, pourtant : c’était en mai, un jour de canicule, tu avais relevé tes cheveux et tu portais cet ensemble bleu en lin !…
Quelle assurance, dans sa voix ! Oui, c’était cela, hier au téléphone, cette suffisance qu’elle ne lui avait jamais connue. Il semble si content de lui ; c’est comme s’il avait grandi soudain, sur sa chaise…
- Vraiment, tu ne te rappelles pas ? demande-t-il avec une légère condescendance.
Non, vraiment, c’est comme un grand silence. Mais ce n’est pas si grave… Elle se lève :
- Excuse-moi un instant, il faut que je téléphone.
Elle entre dans le café, va jusqu’à la caisse, règle les consommations ; puis elle sort par l’autre porte.
  Sur le boulevard, elle marche lentement. Et soudain, le souvenir surgit, se déplie au rythme de ses pas… La chaleur et les cheveux relevés, oui, mais c’était en juin. Ils avaient dîné à La Coupole… « Tu sais, je crois que nous prenons trop d’habitudes et la routine, ce n’est pas bon » avait-elle osé dire, au moment du dessert. Il avait répondu : « Oui, depuis quelque temps, c’est vrai, je m’ennuie et j’ai des envies d’aventures, c’est mauvais signe ». Puis ils étaient allés au cinéma, voir le dernier Woody Allen. Ils avaient beaucoup ri. En marchant, plus tard, sur l’avenue, ils se serraient l’un contre l’autre, malgré la chaleur, comme pour ne pas se perdre…
  Chez elle, elle avait dit : « Je préfère dormir seule, cette nuit, il fait trop chaud ».
Tout de suite après qu’il fût parti, elle avait enlevé sa robe blanche et tenté de faire disparaître la tache…

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13 février 2009

...

coll130

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12 février 2009

A une amie

Lorsqu’on a survécu à une enfance saccagée, c’est souvent parce qu’on a enfoui le plus insupportable, très loin... Ecrire, alors, s’apparente au travail du mineur, qui creuse dans l’obscurité, sa lampe au front...
J’ai eu mal, quelquefois, en exhumant certaines images ou sensations.  En fait, la douleur reste intacte jusqu’à ce qu’on l’ait usée à force de larmes...
Et puis, une fois qu’on a déposé son histoire avec tout le pathos qui convient, on peut commencer à en inventer d’autres, cruelles, drôles, cyniques ; on peut tuer avec délectation, faire vivre et agir des personnages mauvais. Et dans chaque personnage, il y a un peu de celui qui écrit... J’adore faire cela !

Au sujet de l’Amour (avec un A majuscule !) ce fut longtemps la grande préoccupation de ma vie... J’ai été (et suis encore) très aimée. Mais les blessures d’enfance ne guérissent pas pour autant... L’amour ne guérit de rien, n’est pas un remède à nos maux ; c’est tout juste un baume qui apaise pour quelque temps... Alors, il faut en remettre souvent !...

Heureusement, avec le temps, on se calme. En ce qui me concerne, j’apprends que donner de soi peut faire aussi beaucoup de bien. Il m’aura fallu du temps pour en arriver là !

Posté par Danalyia à 20:50 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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