Phrasibuleuse

Textes littéraires et autobiographiques, collages d'images et de mots, photographies...

30 décembre 2008

Le baiser...

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29 décembre 2008

Une rencontre

- Dis donc, tu ne devineras jamais qui j’ai rencontré dans le bus, tout à l’heure !
- Ah non, qui ça ?
- Lambert ! Je n’en croyais pas mes yeux, ça fait si longtemps…
- Lambert, ce grand type maigre un peu voûté ?
- Mais non, ça c’est Duval ! Lambert, voyons, tu ne te rappelles pas ?
- Ah, le petit grassouillet avec des lunettes rondes !
- Pas du tout, celui-là c’est Bardoux !
- Lambert, le costaud tout frisé qui jouait au foot !
- Sûrement pas, celui-là c’est Robert, pas Lambert !
- Alors le blond aux yeux bleus qu’on traitait toujours de fille ?
- Tu n’as vraiment aucune mémoire ! Le blond, c’est Wagner, avec un accent alsacien, ça ne te dit rien ?
- Si, si, je me rappelle maintenant : Lambert, ce rouquin assez timide qui travaillait si bien !
- Mais non, celui-là, c’est Dupuy ! Pourtant vous étiez copains, il me semble !
- Alors là, c’est toi qui te trompes, le rouquin c’était Desjardins.
- Desjardins, tu es sûr ?
Evidemment, puisqu’on était amis ! Mais revenons à ton Lambert… Je crois que j’ai trouvé : taille moyenne, ni blond ni brun, aucun signe particulier, le genre à passer totalement inaperçu…
- Exactement, c’est lui !
- Je me demande comment tu as pu le reconnaître ?
- Justement, ça n’a pas été facile et, pour être franc, c’est lui qui m’a abordé :
- « Vous ne seriez pas Delahaie, par hasard ?
- Ah, non, mais Delahaie était mon meilleur copain, on nous confondait toujours…
- Ah oui, vous êtes Lejeune, alors !
- Et vous, vous êtes Lambert ! » Voilà comment ça s’est passé.
- Et après ?
- Après ? Il a dit : « C’est là que je descends, ravi de t’avoir revu » et il est descendu.
- C’est tout !? Tu parles d’une rencontre ! De toute façon, il n’a jamais été intéressant, ce type…
- Non ; et d’ailleurs je n’aurais rien eu de spécial à lui dire, je l’ai toujours trouvé insignifiant !
- Moi aussi… C’est certainement pour ça que je l’avais oublié…


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27 décembre 2008

Espoir

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26 décembre 2008

...

texte

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24 décembre 2008

Le Mur

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23 décembre 2008

Maurice

Je me souviens de Maurice, qui nous a recueillies, ma mère et moi, après le départ de mon père. Comme la plupart des Juifs marocains exilés en France, il exerçait le métier de tailleur pour homme. Il travaillait chez lui. Dans la pièce qui servait d'atelier, il y avait  un grand tapis. Maurice cousait assis sur le sol, avec les jambes croisées devant lui. Je le regardais avec admiration. J’essayais de l’imiter ; quelquefois même, je l’aidais.
Les tissus sentaient bon. C’étaient des lainages assez fins, gris foncé, gris-bleu, gris clair, le plus souvent unis, parfois finement rayés. Maurice en faisait des costumes. Il y avait une grande table, avec un fer à repasser très lourd et de grands ciseaux. D’abord, il coupait les différentes pièces de la veste ou du pantalon. Puis il les assemblait avec du coton à bâtir. Après, il fallait les coudre solidement.
Je revois bien Maurice en train de travailler : il préparait de longues aiguillées, cassait le fil avec ses dents, puis il le roulait entre le pouce et le majeur, pour y faire un nœud. Il gardait toujours autour du cou un mètre-ruban souple et à son bras gauche, une pelote hérissée d’épingles. Il tirait l’aiguille avec régularité. Son médius droit portait un dé. L’ongle de son auriculaire, très long et recourbé, lui servait à enlever les fils de bâti...

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21 décembre 2008

Souvenir

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20 décembre 2008

Prétentieuse

J’ai rencontré aujourd’hui dans la rue, séparément, deux de mes amis qui se sont brouillés l’un avec l’autre. D’abord Françoise, que je n’avais pas revue depuis trois ou quatre ans. C’est fou comme elle s’est transformée : ses cheveux ont blanchi, ses joues se sont affaissées, sa silhouette empâtée. Après un moment d’hésitation, j’ai fait mine de la reconnaître sans peine :
- C’est incroyable, tu n’as pas changé du tout ! ai-je commencé.
- Tu parles, j’ai pris un sacré coup de vieux, je le sais bien, a-t-elle répondu.
Et j’ai eu l’air bête ; ça m’apprendra à vouloir être aimable. Si ça se trouve, elle a pensé en me voyant :  « La pauvre, elle ne s’arrange pas, avec le temps ». Pourtant, je peux affirmer, en tout modestie, que je suis mieux conservée qu'elle, à l’intérieur comme à l’extérieur. Déjà, à l’époque du lycée, je plaisais beaucoup plus que Françoise. Je n’y peux rien, j’ai du charme, c’est naturel chez moi. Tandis qu'elle... Je me souviens qu'elle me demandait des conseils :
- Comment tu fais pour séduire les garçons ?
- Mais je ne fais rien, ils tombent à mes pieds, comme ça...
Sa vie n’a pas été facile et il semble que ça ne s’arrange guère, puisque Jérôme, son deuxième mari, vient de la quitter après trois ans de mariage. Je lui ai dit que je n’étais pas au courant, pour ne pas la vexer, mais je le savais déjà...
Nous ne nous étions pas séparées depuis dix minutes que Jérôme apparaissait sur le trottoir d’en face. Il a traversé pour me rejoindre. Nous sommes allés prendre un café ensemble.
- Tu sais que j’ai quitté Françoise ? a-t-il demandé.
- Oui, bien sûr...
- Ça ne pouvait plus durer, elle est insupportable.
- Ah bon, je n’aurais pas cru !
Pour dire la vérité, je suis persuadée qu'elle est invivable. Je me demande comment nous avons pu devenir amies ; et, surtout, comment Jérôme a pu tomber amoureux d'elle. Je ne le comprends vraiment pas. C’est avec moi qu’il aurait dû se marier : je suis beaucoup mieux que Françoise, à tous points de vue. Maintenant qu’il est seul à nouveau, il va bien finir par s’en apercevoir !...

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18 décembre 2008

La prison

J’ignore combien de temps dura mon évanouissement. Plusieurs heures, sans doute : bien qu’aucune fenêtre n’éclairât la pièce vide où l’on m’avait enfermé, il me sembla qu’une lumière subtilement différente faisait vibrer les motifs du papier peint... J’essayai de me lever, mais la douleur était encore trop forte. On m’avait ligoté aux poignets et aux chevilles, puis frappé avec un objet lourd, sur le dos, sur les jambes et sur la tête. Après quoi l’un de mes tortionnaires, craignant que ce ne fût pas suffisant, m’envoya des coups de pieds dans les côtes, jusqu’à ce que l’autre lui crie « Mais tu es fou, il ne s’agit pas de le tuer ! »
Je reconnus la voix du plus petit, celui qui m’avait interrogé. Il me libéra de mes liens et défit le bandeau qui me privait de la vue. Le second homme, un grand échalas au regard halluciné, se tenait devant moi comme un chien féroce, prêt à me dévorer. Enfin, ils sortirent. La porte claqua, puis une clé tourna dans la serrure…

La solitude, même effrayante, valait mieux que ce que je venais d’endurer. Un silence épais baignait toute la pièce ; puis, peu à peu, je commençai à percevoir les battements de mon sang dans mon corps et le sifflement léger de l’air que j’inspirais puis expirais. C’est la régularité de ces mouvements qui m’apaisa et me conduisit jusqu’au seuil du sommeil… Je flottais dans cette contrée intermédiaire, où des pensées inattendues me traversaient, tandis que des images de mon passé commençaient à m’apparaître. Une voix intérieure me chuchota : « C’est le signe que tu vas mourir bientôt » ; mais curieusement, cela ne me faisait pas peur. J’étais charmé par tant de beaux souvenirs, de visages autrefois aimés, de mélodies que fredonnait à nouveau ma mère à mon oreille… 

Elle était là, assise près de moi, son bras passé autour de mes épaules. Une chaleur merveilleuse m’enveloppait tout entier ; la vie circulait à nouveau dans mes membres, je n’éprouvais plus ni douleur ni angoisse. Elle se leva et m’invita à faire de même, en me tendant une main très douce. Lorsque je fus debout, je m’aperçus que j’étais devenu léger comme une bulle de savon. Chacun de mes pas me faisait rebondir un peu plus haut sur le sol de ma prison. Ma mère aussi flottait dans la pièce, sa robe bleu pâle ondulant autour d’elle comme un nuage au gré du vent. Soudain, elle lâcha ma main et, tournant son visage vers moi, m’adressa un sourire plein de tendresse ; puis elle disparut, comme absorbée par le mur. Je n’eus que le temps de saisir son écharpe de mousseline…


Posté par Danalyia à 19:32 - A suivre... - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 décembre 2008

Silhouettes

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Posté par Danalyia à 19:35 - Collages - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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