Phrasibuleuse

Textes littéraires et autobiographiques, collages d'images et de mots, photographies...

31 octobre 2008

Rencontre

Au commencement était le silence. Personne à qui dire le désespoir qui m’étreignait. Je rêvais de couloirs, sur un grand bateau, où s’alignaient des portes toutes semblables. J’ignorais derrière laquelle se cachaient mes parents, mon frère, tous ceux qui m’avaient été enlevés. Je savais juste qu’ils étaient quelque part où je ne pouvais les rejoindre. Plus tard j’ai eu des amis mais, toujours, je me sentais séparée d’eux comme par une paroi de verre : ils me voyaient mais ne me connaissaient pas ; je les regardais vivre sans pouvoir partager leurs joies... Et puis, un jour, je ne sais pas comment, ce mur transparent s’est brisé. Terrible fracas. J’avais si peur de vivre que je restais immobile des journées entières ; j’avais si mal à moi que j’appelais la mort. Mais elle n’est pas venue. C’est alors que je t’ai reconnu. Tu marchais vers moi depuis toujours. Nos doigts se sont enlacés, nos pas se sont accordés. Et depuis, nous cheminons ensemble vers l’avenir...

Posté par Danalyia à 23:51 - Notules - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 octobre 2008

Prison

col089

Posté par Danalyia à 16:49 - Collages - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 octobre 2008

Epanouissement

Je me souviens
de la rondeur des jours heureux :

tendre séisme
au sein de mon intime géographie,

patiente gestation
nourrie de rêves et d’espoirs,

adorable éclosion
de tout mon corps-enceinte,

ô, délicieuse plénitude !...

Posté par Danalyia à 23:24 - Je me souviens - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 octobre 2008

Fracture

col091

Posté par Danalyia à 10:48 - Collages - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 octobre 2008

L'autre moitié

Je me souviens, quand j’étais petite, il suffisait d’un mot pour que je décolle de la réalité. J’éprouvais un désir insatiable d’évasion. Une seule idée pouvait m’arrêter dans mes élans vers l’infini : et si je me retrouvais nez à nez avec ma propre image ? Dès que j’en arrivais là, je faisais machine arrière. Peut-être que je ne m’aimais pas ? Bien sûr, en ce temps-là, je ne me posais pas la question...
Aussi loin que je remonte dans ma mémoire, il me semble que je prenais soin de moi-même, comme on le fait d’un être cher. Il y avait des moments très durs, où la tentation était forte d’abandonner, de me laisser dériver jusqu’à la mort, mais cela ne durait jamais : comme à la piscine, lorsque je sentais sous mes pieds le fond du bassin, je poussais de toutes mes forces pour remonter à la surface, essoufflée, certes, mais intacte. Était-ce la peur qui m’aidait à réagir ? Au fond de l’eau tiède, qu’aurais-je trouvé de si effrayant ?
Voilà que surgissent soudain des images inquiétantes : visages coupés en deux, personnages dédoublés, moitiés juxtaposées qui ne vont pas ensemble. Dans ma famille, il court un bruit que ma mère a plusieurs fois démenti : il y aurait eu des sœurs jumelles, dont l’une a disparu mystérieusement ; et la survivante, ce serait maman... Je suis hantée par cette idée de la moitié perdue, du double, de la déchirure : et si, en parcourant les vastitudes imaginaires, j’allais rencontrer cette partie de moi qu’on m’a dérobée ? Je la cherche depuis toujours mais, aussi, j’en ai peur. J’aspire à la retrouver mais j’existe à peu près sans elle. Je ressens un manque douloureux, mais je sais que c’est lui qui me constitue...  Alors, risquer de mettre en jeu le fragile équilibre où je suis parvenue ? Non. Nager, plutôt, dans le petit bain de mes rêves ; et rester accrochée à l’aile rassurante du verbe, comme à une bouée...

Posté par Danalyia à 17:30 - Je me souviens - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 octobre 2008

Féérie

Hier soir, depuis ma fenêtre...

brouillard_1

brouillard_2

Posté par Danalyia à 12:54 - Photographies - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 octobre 2008

Réminiscence

Qui sait d'où nous viennent certaines sensations, de quelle alchimie naissent certaines pensées ?
J'écoute une musique contemporaine que je ne connais pas et soudain, des effluves d'un parfum familier s'imposent à moi. Le parfum  d'un homme que j'aimais il y a longtemps, en d'autres lieux... Mes narines aspirent encore, comme pour me convaincre que c'est impossible ; mais le parfum persiste, s'attarde dans la pièce ; il refuse de laisser dormir en moi les vestiges trop sensibles d'une période qui fut heureuse...

Posté par Danalyia à 23:37 - Notules - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 octobre 2008

Automne

Je me souviens d'autres octobres : fraîcheur brumeuse des matins, au bord de la Seine, noisettes brunes du jardin, pommes aux joues bien rouges ; roses aux pétales de velours, au parfum entêtant... Le bois crépitait dans la cheminée ; la passion consumait mon coeur... Je ne peux oublier ces moments lumineux, même si l'espoir qu'ils portaient fut déçu. Je me souviens et je souris à la jeune femme que j'étais ; celle qui fut tant aimée...


Posté par Danalyia à 23:56 - Je me souviens - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 octobre 2008

Octobre

feuilles

                                                                     photo B. Obermosser

Posté par Danalyia à 23:34 - Photographies - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 octobre 2008

Jean-Pierre SIMEON

Je crois que la poésie, au coeur de tous les arts, en est l'expression la plus universelle et la plus exigeante. Un diapason en quelque sorte. La poésie est une objection à la médiocrité et à la vulgarité, aujourd'hui peut-être plus que jamais. Il suffit donc au poète, pour être utile à la cité, d'être pleinement, farouchement poète.

Usages du poème - Conversation avec Yann Nicol,
La Passe du Vent, Octobre 2008.

cité sur l'excellent blog "La cause des causeuses"

http://la_cause_des_causeuses.typepad.com/


Posté par Danalyia à 21:42 - Citations - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »